Soutenance de thèse

Thèse de doctorat en Biologie marine

  Madame Margot THIBAULT
Vendredi 16 février 2024
à 9 heures 

Lieu : 15 avenue rené cassin, Université de La Réunion, 97400 Saint Denis  
Salle : Amphithéâtre CharpakSalle virtuelle :
https://univ-reunion-fr.zoom.us/j/85763223193?pwd=WVpMWjYyRW5sc20zWHo1NTBMdiszQT09​​​​​​​ ​​​​​​​

Madame Margot THIBAULT soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés " Caractérisation et détermination de l’origine des débris plastiquesaccumulés dans le gyre subtropicale de l’océan Indien " dirigés par Monsieur Matthieu LE CORRE.

Composition du jury proposé :

M. François GALGANI, IFREMER, polynésie française, Rapporteur
Mme Karen MCCOY, MIVEGEC : Maladies Infectieuses et Vecteurs : Ecologie, Génétique, Evolution et Contrôle, Rapporteure
Mme Pascale CHABANET, IRD, Examinatrice
Mme Mirjam VAN DER MHEEN, The University of Western Australia, Examinatrice
M. Matthieu LE CORRE, UMR ENTROPIE, Université de La Réunion, Directeur de thèse
Mme Alexandra TER HALLE, UMR IMRCP Université Paul Sabatier, Co-directrice de thèse
M. Laurent LEBRETON, The Ocean Cleanup, Invité
Mme Sarah-Jeanne ROYER, The Ocean Cleanup, Invitée

Mots-clés :

Débris plastique, Espèce bio indicatrice, Origine, Modèle de dispersion, Gyre de l'Océan Indien, Monitoring

Résumé : 

La plupart des déchets plastiques mal gérés pénètrent dans l'environnement marin. Une fois dans les océans, ces plastiques dérivent jusqu'à atteindre des zones de convergence subtropicales, où ils s'accumulent pour former des « Garbage Patch ». Cinq de ces zones ont été découvertes, dont l’une dans le sud de l'océan Indien. Cette dernière a fait l'objet de peu d'études d'observation en surface, et plusieurs modèles de dispersion indiquent une localisation différente, la plaçant soit à l’ouest ou à l’est du bassin. Supposée être la deuxième « Garbage Patch » la plus polluée après celle du Pacifique Nord, il est crucial de l'identifier correctement pour intervenir efficacement. C'est dans ce contexte que s'inscrit le projet doctoral, visant à déterminer la composition, la concentration et l'origine des débris plastiques accumulés dans le sud-ouest de l'océan Indien. Depuis le début du projet, 19 campagnes océanographiques ont été déployées pour effectuer des suivis visuels des macrodéchets (> 2,5 cm) et collecter des microplastiques (500 μm – 5 mm). Des collectes des déchets marins (macro et méso : 5 mm – 2,5 cm) échoués sur des plages inhabitées ont également été réalisées pour évaluer la proportion qui ne reste pas en surface. De plus, une étude à long terme de cette pollution plastique a été entreprise en recherchant des espèces bio-indicatrices de la pollution dans la région. Toutes les observations ont été comparées ou complétées par des modèles de dispersion de particules dans l'océan Indien. Sur l'ensemble des déchets marins collectés ou observés, 95 % étaient constitués de plastiques. Parmi les plastiques, la sous-catégorie prédominante était celle des plastiques durs déjà fragmentés, retrouvés en surface de l'océan, échoués sur des îles inhabitées et ingérés par les espèces bio-indicatrices. La composition principale de ces polymères était le polyéthylène et le polypropylène, et elle ne différait pas entre la surface de l'océan et les plages. Un gradient de concentration de microplastiques a également été identifié, allant de 103 items.km-2 à 40°E à 105 items.km-2 à 65°E sur les latitudes 30/33°S. Ce gradient a été confirmé par les modèles de dispersion, bien que sous-estimé par ces derniers. Certains macroplastiques échoués sur des îles venaient d'emballages alimentaires d'Asie du Sud-Est. Afin de poursuivre l'étude de la pollution plastique dans la région, trois espèces ont été identifiées répondant aux critères de sélection : les tortues caouannes (Caretta caretta), les pétrels de Barau (Pterodroma baraui) et les puffins tropicaux (Puffinus baillonni). Pour les futures études, il serait intéressant d'accroître les collectes dans la partie centrale et orientale du bassin de l'Océan Indien à différentes saisons, d'étudier également l'impact de ces déchets plastiques sur les écosystèmes associés et d’établir des solutions de gestions adaptées.