CORAUX CONSTRUCTEURS DE RÉCIFS EN DANGER

La liste rouge des espèces menacées en France

Pour la première fois, le risque de disparition de l’ensemble des espèces de coraux constructeurs de récifs de La Réunion, de Mayotte et des îles Éparses a été analysé par un panel de spécialistes. Les résultats montrent que 15 % des espèces sont menacées ou quasi menacées à La Réunion, 12 % à Mayotte et 6 % dans les îles Éparses.

Mené dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées en France, cet état des lieux a été établi par le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), avec l’appui de l’Initiative française pour les récifs coralliens (IFRECOR). Lucie Penin, maîtresse de conférences et Lionel Bigot, ingénieur de rechercher, tous deux membres de laboratoire Entropie de la Faculté des Sciences et Technologies ont participé aux travaux.

Retrouvez la publication sur le site de UICN,  "La liste rouge des espèces menacées en France. Coraux constructeurs de récifs de La Réunion, de Mayotte et des îles Éparses"

 

Les enseignants-chercheurs et chercheurs de la Faculté des Sciences et Technologies ont participé

Cf. la vidéo youtu.be/Uxa0badj410

« Depuis trente ans, les données historiques montrent une dégradation des récifs de Mayotte et de la Réunion où les côtes sont directement soumises aux impacts anthropiques, explique la biologiste Lucie Penin, maîtresse de conférences à l'université de la Réunion. Notre crainte, c'est qu'une perte de diversité diminuera les services rendus par ces écosystèmes. On perdra alors des fonctions écologiques, par exemple le fait de fournir un habitat aux échinodermes et aux poissons, avec pour conséquence des dérèglements massifs et brutaux. » Car, si le pourcentage d'espèces menacées peut paraître dérisoire en comparaison avec le fort déclin d'autres espèces animales (insectes, poissons d'eau douce, oiseaux, amphibiens, etc.), la perte tendancielle de diversité biologique des coraux inquiète en réalité autant les scientifiques, comme si un pan de l'écosystème marin de ces îles était en sursis. À moins d'agir plus fortement pour le préserver et approfondir les programmes de recherche. « Qu'est-ce qu'on peut faire ? Au niveau global, limiter les émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement du climat, et au niveau local, ne pas trop pêcher, créer des aires marines pro- tégées et essayer de limiter les pollutions, poursuit Lucie Penin. Si on veut espérer sauver les récifs, il est fondamental d'agir à ces deux échelles. » Ne rien faire et l'on chantera «Au Sud, c'était les coraux »

[Extrait de l'article est paru dans Libération (site web)]

 

 

Lucie Penin – Maîtresse de conférences, UFR Sciences et Technologies, Université de La Réunion

Lucie penin est enseignant-chercheur et travaille sur la Dynamique des populations et des peuplements coralliens au sein de l'UMR Entropie

 

 

Lionel Bigot – Ingénieur de recherche, UMR Entropie, UFR Sciences et Technologies, Université de La Réunion